Le gazole se paie en moyenne 2,301 € le litre ce vendredi dans les stations françaises. Le plus dur reste pourtant devant. Le baril a pris plus de 20 % depuis le 30 août, et cette flambée n’est pas encore arrivée sur les totems des stations.


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sur le prix du kWh vs tarif réglementé

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Ce que vous payez à la pompe ce vendredi

Les stations transmettent leurs prix au fichier public des prix des carburants, mis à jour en continu. Sur les 9 807 points de vente recensés ce 11 septembre, le gazole ressort en moyenne à 2,301 € le litre et le sans-plomb 95-E10 à 2,128 €.

Un plein de 50 litres revient donc à 115 € en gazole, et à 106 € en E10. Le gazole avait déjà franchi la barre des 2,30 € en avril, au plus fort du premier choc.

Le contraste le plus net se trouve à la pompe d’à côté. Le superéthanol E85, produit à partir de betterave et de céréales, s’affiche en moyenne à 0,882 € le litre. Le même plein de 50 litres y coûte 44 €, soit 71 € de moins qu’en gazole.

Prix moyens à la pompe en France, le 11 septembre 2026
Carburant Prix moyen au litre Plein de 50 litres
Gazole 2,301 € 115 €
Sans-plomb 95-E10 2,128 € 106 €
Sans-plomb 98 2,223 € 111 €
Superéthanol E85 0,882 € 44 €

Moyennes calculées par Selectra sur les 9 807 stations du fichier public des prix des carburants du ministère de l’Économie. Le coût du plein est donné pour 50 litres.

L’Arabie saoudite produit un quart de moins qu’en juillet

La cause tient d’abord à un chiffre saoudien. Le rapport mensuel de l’OPEP, publié jeudi, place la production du royaume à 6,24 millions de barils par jour en août. Elle atteignait 8,1 millions en juillet et 7,1 millions en juin, soit une chute de 23 % en un mois.

Le problème n’est pas le pétrole lui-même, c’est la sortie. Depuis le verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran, Riyad redirige une grande partie de ses exportations par un oléoduc vers le port de Yanbu, sur la mer Rouge. Les houthis y ont décrété un blocus maritime en juillet.

Les flux qui sortent encore d’Ormuz se sont effondrés. Ils tournaient autour de 8 millions de barils par jour fin août. Ils sont tombés autour de 1,5 million ces derniers jours, selon un analyste de Rystad Energy interrogé par l’AFP.

Le marché a réagi sans attendre. Le Brent, référence européenne, a clôturé jeudi à 107,63 dollars, en hausse de 6,34 % sur la seule séance. Le brut américain WTI a fini à 102,48 dollars.





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Mokha, le port qui a fait basculer le marché

Le déclencheur est militaire. Les milices houthies, alliées de l’Iran, ont pris le contrôle de Mokha, une ville de la mer Rouge, dans leur progression vers le détroit de Bab el-Mandeb.

Ce détroit relie l’Asie à l’Europe par la mer Rouge et le canal de Suez. Il a pris une importance nouvelle depuis la fermeture d’Ormuz, par lequel transitait un cinquième du pétrole mondial.

Autrement dit, la voie de repli du premier exportateur mondial se retrouve à portée de tir. Les houthis ont déjà visé des installations pétrolières saoudiennes, dont un dépôt situé près de la ville d’Abha début septembre.

Combien le litre peut encore augmenter

Une hausse du baril met peu de temps à arriver à la pompe. La Banque de France a mesuré ce délai : la moitié du mouvement se retrouve sur les prix affichés en une semaine, la quasi-totalité en deux à trois semaines. Et cela marche dans les deux sens, une baisse se transmet aussi vite.

Une bonne partie de la flambée est donc déjà payée. Reste la dernière secousse. La seule journée de jeudi a ajouté 6,42 dollars au baril, soit 4 centimes par litre qui ne sont pas encore affichés.

Mais le prix du gazole ne dépend pas que du pétrole brut. Il faut ensuite le raffiner, et c’est là que la facture dérape. Ce que les raffineries gagnent sur chaque baril de gazole a dépassé 100 dollars début septembre, contre 15 à 30 dollars d’habitude.

Ce poste bouge aujourd’hui plus vite et plus fort que le baril lui-même. S’il reste à ce niveau et que le brut ne redescend pas, le litre prendrait 10 à 15 centimes de plus, soit 5 € à 7,50 € par plein. S’il se détend, la hausse s’arrêtera aux 4 centimes déjà acquis.

Un frein existe sur une partie du réseau. TotalEnergies plafonne le gazole à 2,25 € le litre dans ses stations françaises, et l’essence à 1,99 €, tant que le conflit durera. Ce plafond est déjà sous la moyenne nationale.

Une voiture française parcourt en moyenne 11 600 kilomètres par an et consomme 5,9 litres aux 100, selon le ministère de la Transition écologique. Sur ces 684 litres, 4 centimes de plus coûtent 29 € sur l’année, et 15 centimes, 103 €.

Trois leviers restent à portée. Comparer les stations autour de soi fait gagner une dizaine de centimes au litre. Notre article détaille le moment et l’endroit où le plein coûte le moins cher, et les opérations à prix coûtant des grandes enseignes reviennent régulièrement le week-end.

Deuxième levier, la conduite. Notre comparatif entre la climatisation et les vitres ouvertes montre que le choix se joue à la vitesse, et qu’il pèse plusieurs dizaines d’euros sur une année.

Troisième levier, le carburant lui-même. Le superéthanol reste deux fois et demie moins cher au litre, à condition de rouler avec un véhicule compatible ou équipé d’un boîtier homologué. Pour ceux qui envisagent l’électrique, nous avons chiffré ce que coûte vraiment un plein à la maison.

Reste la part de la facture sur laquelle un ménage garde vraiment la main. Le carburant se subit, le contrat d’énergie se change. Le prix du gaz vient de grimper de 121 € par an au 1er octobre, et un comparateur d’offres situe votre contrat par rapport au marché.

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Le pétrole a rarement dépendu de passages aussi étroits. Tant qu’Ormuz restera verrouillé et Bab el-Mandeb sous la menace, le prix affiché dans les stations françaises se décidera à 5 000 kilomètres de là.



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